Un chamois sur une crête, un rapace qui tourne au-dessus de la vallée, le refuge que l'on cherche au loin... En randonnée, une bonne paire de jumelles change la façon de profiter du paysage. Mais entre jumelles et monoculaire, 8x, 10x, 20x ou « 300x », le choix n'est pas simple. Voici comment comprendre la puissance des jumelles et choisir le bon appareil pour vos sorties. L'essentiel en bref : pour la randonnée, un grossissement de 8x à 10x est le meilleur compromis. Au-delà, l'image tremble à main levée. Choisissez des jumelles pour le confort d'observation, un monoculaire pour gagner du poids et de la place. Puissance des jumelles : comment lire « 10x25 » ou « 20x50 » ? Sur toutes les jumelles et tous les monoculaires, vous trouvez deux chiffres séparés par un « x » : Le premier chiffre est le grossissement. Avec des jumelles 10x, un animal à 100 m semble être à 10 m. Le second chiffre est le diamètre des objectifs, en millimètres. Plus il est grand, plus l'appareil capte de lumière, mais plus il est gros et lourd. En divisant le second chiffre par le premier, vous obtenez la pupille de sortie. Par exemple, 10x25 donne 2,5 mm et 8x42 donne environ 5 mm. Plus ce chiffre est grand, plus l'image reste lumineuse le soir ou en forêt. Attention aux chiffres impossibles : des jumelles de poche marquées « 300x » ou « 80x100 » n'existent pas réellement. Ce sont des chiffres commerciaux. Sur nos fiches, nous indiquons le vrai grossissement, même quand le marquage de l'appareil dit autre chose. Plus de grossissement, est-ce toujours mieux ? Non. Plus le grossissement est fort, plus le moindre mouvement de vos mains fait trembler l'image, et plus le champ de vision est étroit : vous avez du mal à retrouver l'oiseau que vous suiviez. Au-delà de 12x environ, un trépied devient très utile. 4x à 8x : image stable, champ large, idéal pour les enfants et les oiseaux qui bougent. 10x à 12x : le bon compromis pour la randonnée en montagne. 20x et plus : pour observer posé, depuis un point de vue, de préférence avec un appui. Jumelles ou monoculaire : que choisir pour la randonnée ? Les deux font le même travail : rapprocher ce qui est loin. La différence se joue sur le confort et l'encombrement. Les jumelles : le confort des deux yeux Vous regardez avec les deux yeux : la vue fatigue moins et l'image paraît plus naturelle. Elles se tiennent à deux mains, donc l'image tremble moins. Elles sont plus lourdes et plus volumineuses qu'un monoculaire de même puissance. Le monoculaire : léger et rapide à sortir Il est environ deux fois plus léger et tient dans une poche ou une sacoche. Il se sort et se range d'une main, pratique pour un coup d'œil rapide. Beaucoup de modèles acceptent un support de smartphone pour prendre des photos. Sur de longues observations, fermer un œil fatigue davantage. En résumé : si vous observez souvent et longtemps, prenez des jumelles. Si vous voulez surtout un appareil léger « au cas où », prenez un monoculaire. Les autres critères pour bien choisir Le poids : en dessous de 400 g, vous l'emportez sans y penser. Au-dessus de 700 g, réservez-le aux sorties d'observation. La mise au point : une molette centrale permet de régler la netteté de près comme de loin. Certains modèles simples sont à mise au point fixe : rien à régler, mais moins précis de près. Le prisme : un prisme BAK4 donne une image plus lumineuse et plus nette sur les bords qu'un prisme BK7. Le traitement des lentilles : la mention FMC (lentilles traitées sur toutes les faces) limite les reflets et améliore le contraste. La résistance à l'eau : la plupart des jumelles de randonnée résistent aux projections, mais peu sont vraiment étanches. Rangez-les à l'abri pendant une grosse averse. Le confort avec des lunettes : des œilletons repliables ou réglables permettent de voir toute l'image sans retirer vos lunettes. Nos jumelles et monoculaires selon votre usage Pour la randonnée légère : les jumelles PocketView 10x25 (340 g) tiennent dans la main et offrent le grossissement idéal pour la montagne. Encore plus légères, les jumelles SilverView 8x (220 g) sont à mise au point fixe : rien à régler. Pour observer depuis un point de vue : les jumelles PeakView 20x50 et la jumelle ZoomView 10-30x50 voient plus loin, mais pèsent près de 800 g. Un appui ou un trépied est conseillé aux forts grossissements. Pour les petits sacs : le monoculaire ScoutView 12x50 et le télescope monoculaire TrekScope se glissent dans une poche, avec un support smartphone pour les photos. Pour la faune lointaine : la longue-vue EagleView 25-75x60, avec trépied, est faite pour observer posé, pas pour la marche. Pour les enfants : les jumelles BirdView 4x21, petites et pliables, avec un grossissement faible qui rend l'observation facile. Et pour observer la nuit, lisez notre guide Monoculaire vision nocturne : comment bien le choisir ?. Tous nos modèles sont dans la collection jumelles et monoculaires. Bien utiliser ses jumelles en randonnée Réglez l'écartement des oculaires à vos yeux, jusqu'à voir un seul cercle. Faites la mise au point avec la molette centrale, puis ajustez l'œil droit avec la bague de dioptrie si elle existe. Repérez d'abord l'animal à l'œil nu, puis levez les jumelles sans quitter la cible des yeux. Appuyez vos coudes sur un rocher, un bâton ou vos genoux pour stabiliser l'image. Ne regardez jamais le soleil avec des jumelles ou un monoculaire : le risque pour les yeux est grave. Gardez-les dans leur housse ou dans une sacoche de poitrine pour les avoir sous la main, à l'abri des chocs. En résumé Lisez les deux chiffres : grossissement x diamètre des objectifs. Pour la randonnée, visez 8x à 10x ; au-delà de 12x, prévoyez un appui. Jumelles pour le confort, monoculaire pour le poids et la place. Méfiez-vous des grossissements impossibles comme « 300x ». Pensez au poids, à la mise au point et au confort avec des lunettes. Belles observations, et bonne randonnée !